Edito

Aujourd’hui, dans le récit, grande est la tentation de la dystopie. En matière de fiction visionnaire, 1984 reste de toute évidence une référence inégalée. Fort d’une nouvelle saison de spectacles engagée, le Théâtre Princesse Grace accompagne, entre autres, la mise en oeuvre d’une création inédite, imaginée conjointement par le dessinateur Xavier Coste et le compositeur ilia Osokin, à partir de ce chef-d’oeuvre absolu de George Orwell. L’importance des récits plus ou moins
réalistes des cinq “premiers romans” en lice pour le Coup de Coeur des Lycéens préside sans aucun doute également aux choix des jeunes jurés participant à l’attribution du Prix organisé pour la quinzième année par la Fondation Prince Pierre de Monaco : d’art & de culture ouvre ainsi exceptionnellement ses pages aux critiques sensibles de ces jeunes
lecteurs attentifs. Quel tragique destin aussi que celui de Faust, et comment l’incarner sur la scène de l’Opéra de Monte-Carlo ? C’est la question de taille à laquelle le grand ténor Pene Pati a accepté de nous répondre entretemps, sans faux- semblants.
Sur le versant musical de ce numéro d’automne 2022, la valeur n’attend décidément pas de se confronter au temps qui passe comme en témoigne la trajectoire du brillant violoniste Daniel Lozakovich, artiste en résidence à l’Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo cette saison. Pourquoi pas traverse à l’envi quelques Jardins secrets arborés par l’Institut audiovisuel de Monaco en compagnie de Jacques Kermabon, avant de franchir les frontières pour goûter à la liberté
des photographies de Peter Knapp, exposées en Suisse, puis de revenir à Grasse pour Respirer l’art ? Rendons-nous finalement vers le “blanc”, aux côtés de Joseph Dadoune, sage artiste aux mille voyages.
Et si, en résistance à la tentation du désespoir, nous élisions la culture comme seul pays d’accueil ?

 


 

In today’s narratives, there’s a strong temptation to focus on dystopia. In terms of visionary fiction, 1984 clearly remains an unparalleled benchmark. In its new season of socio-politically charged shows, the Théâtre Princesse Grace has supported the production of socio-politically engaged shows, including an original work jointly created by designer Xavier Coste and composer Ilia Osokin, based on George Orwell’s great masterpiece. Without doubt, the importance of the more or less realistic narratives of the five debut novels in the running for the Coup de Cœur des Lycéens also governs the young jurors’ decision as to who will win the literary Prize organised by Prince Pierre of Monaco Foundation, now in its fifteenth year: and for the first time, d’art & de culture is publishing the sensitive critical reviews of these attentive young readers. How do you embody the tragic fate of Faust on stage at the Opéra de Monte-Carlo? This is the big question that the great tenor Pene Pati has agreed to answer for us, without any pretence.

On a musical note, the autumn 2022 edition shows that quality need not wait for the passage of time, as proved by the trajectory of the brilliant violinist Daniel Lozakovich, this season’s artist in residence at the Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo. Why not explore a few Secret Gardens tended to by the Audiovisual Institute of Monaco in the company of Jacques Kermabon, before crossing the border to enjoy the free-spirited photographs of Peter Knapp, exhibited in Switzerland, then returning to Grasse to Respirer l’art (Breathe art)? Finally, let’s move towards white alongside Joseph Dadoune, a wise artist who has embarked on a thousand journeys.

What if, to resist the temptation of despair, we were to choose culture as our only host country?

 

 

 

 

 

Etre ou ne pas être Faust ?
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A l’occasion du centenaire de la disparition du prince Albert Ier, l’Opéra de Monte-Carlo redonne l’éclairage qu’il
mérite à un événement historique : la création de La Damnation de Faust d’Hector Berlioz par Raoul Gunsbourg,
directeur emblématique de l’Opéra de Monte-Carlo, en 1893. Presque cent-trente ans plus tard, c’est à Jean-Louis
Grinda, autre directeur emblématique de l’entité culturelle monégasque, que l’on doit une nouvelle production de cette
oeuvre-clé marquant l’apogée du romantisme chez Berlioz

 

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